PAS DE MAÏS OGM NI AU MEXIQUE, NI AILLEURS!!

Publié: 29/03/2010 dans actualitats lengadocianas

PAS DE MAÏS OGM NI AU MEXIQUE, NI AILLEURS

(No queremos maíz transgénico ni en México, ni en otra parte)

Rassemblement à Tolosa/Toulouse, place du Capitole
le samedi 27 mars à partir de 11 heures, puis manif au Consulat du
Mexique à Tolosa/Toulouse.

plus d’info et tract sur http://www.ogm31.org/spip.php?article1228

Le gouvernement mexicain vient d’autoriser des essais de maïs OGM en plein champ.

Des mouvements citoyens, paysans et indigènes s’organisent pour que ces
« graines de la dignité » continuent à être un bien commun et non un bien privé entre les mains de Monsanto, Pioneer et Cie.

LE CONTEXTE MEXICAIN

Après onze ans de moratoire, le gouvernement mexicain vient d’autoriser vingt et un essais de maïs OGM en plein champ en faveur des firmes Monsanto et Pioneer qui contrôlent à elles seules 50 % du marché des semences mondiales.

Alors que des contaminations sont déjà avérées dans des provinces reculées du Mexique, ces essais, précurseurs de cultures commerciales de grande ampleur, ne pourront qu’augmenter les risques de contamination et porteront atteinte à l’intégrité des populations tant sur le plan culturel que sur le plan alimentaire.

D’autre part, une fois bien implantées sur place, ces firmes essaieront de s’approprier par des droits de propriété intellectuelle le fonds génétique des multiples espèces et variétés natives de maïs.
Parallèlement, ils chercheront par des opérations de promotion/séduction, à placer leurs technologies hybrides (OGM ou non) qui rendront les paysans dépendants en les obligeant à racheter leurs semences, au dépens de leur souveraineté alimentaire.

Ces mécanismes de privatisation sont déjà bien rodés et d’une
redoutable efficacité.

Toutes ces semences sont le bien commun des communautés qui les ont de
tout temps produites et échangées pour aboutir à une biodiversité cultivée d’une extrême richesse, base de l’alimentation mais aussi de la culture des populations.

Elles sont régies par des droits d’usage collectif.

Il n’est pas
acceptable qu’elles deviennent des biens privés soumis aux seules lois
du commerce, au profit de quelques firmes prédatrices qui par leurs
stratégies industrielles productivistes sont destructrices de
l’environnement, des paysanneries locales et de la biodiversité.

Le maïs mexicain possède une haute valeur symbolique, il fait partie de
l’identité des peuples indigènes et de tout le pays. Par une importante
mobilisation, les citoyen-ne-s et les organisations doivent s’opposer à
ce crime annoncé.

Ici et là-bas, la volonté populaire est bafouée par la collusion entre
le pouvoir politique et le monde des affaires.

En Europe, c’est le président de la Commission européenne, José Manuel
Barroso, qui revient à la charge en faveur du maïs MON810, en
s’appuyant sur l’avis de l’Autorité européenne de sécurité des
aliments. Or cette Autorité, déjà largement contestée par le Conseil
des ministres de l’Environnement de l’Europe, fait encore parler d’elle
puisqu’on apprend que Suzy Renckens, qui en a été la coordinatrice
scientifique pour les OGM d’avril 2003 à mars 2008, s’est retrouvée à
un poste clé au sein de la société agro-semencière Syngenta dès mai
2008, soit quelques semaines à peine après avoir quitté son poste de
fonctionnaire de l’Union européenne.

Au Mexique, c’est le président Felipe Calderon qui, par un décret
présidentiel, ouvre la porte du Mexique aux essais OGM, cinq semaines
après avoir rencontré Hugh Grant, le PDG de Monsanto, au forum de Davos
en janvier 2009. Cette rencontre a été facilitée par Bruno Ferrari,
directeur de ProMexico, un organisme public chargé de la promotion des
investissements et des exportations mexicaines. Or M. Ferrari a été le
PDG de la compagnie semencière Seminis, leader mondial des semences
potagères, compagnie qui a été rachetée en 2005 par Monsanto.

Cette politique de confiscation du vivant s’accompagne d’une brutale
offensive contre les millions de paysans indigènes qui s’obstinent
encore à défendre la Terre-Mère, la cultivent et la gèrent de façon
collective et responsable, refusant sa privatisation. Au Chiapas
notamment, les autorités fédérales et le gouverneur, Juan Sabines,
mènent une véritable guerre, invisible mais meurtrière, contre les
communautés zapatistes. Des villages sont détruits ou menacés, au nom
de la « préservation de l’environnement ». Leur population est harcelée
par des groupes paramilitaires, comme tout dernièrement à Bolon Ajaw,
ou expulsée par les forces de police (Laguna San Pedro et Laguna
Suspiro, à la fin janvier), pour permettre l’installation de sites
« écotouristiques », l’exploitation minière ou des cultures pour la
fabrication d’agrocarburants. L’EZLN et les nations du Congreso
Nacional Indígena, en luttant pour l’autonomie et la dignité, protègent
une nature bien conservée et démontrent qu’il est possible de
réinventer un art du vivre ensemble, dans le respect et la solidarité.
Le slogan « Sin maíz no hay país » s’inscrit dans la continuité de la
célèbre revendication de Zapata pendant la révolution mexicaine de 1910
: « Tierra y Libertad ».

Il nous appartient de démontrer que, ici et par-delà les frontières,
« El pueblo, unido, jamás será vencido ».

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