Répression et Mouvement Ultra

Publié: 03/04/2011 dans Solidaritat

Suite aux dix interpellations dans le cadre du match TFC-Montpellier ce samedi 03 Avril…

Commençons par le début, qu’est ce qu’est le mouvement ULTRA?

Nous ne ferons pas ici de critique sur ce mouvement, c’est une expression culturelle populaire de masse, à LIBERTAT nous en prenons acte. Ce mouvement est né dans les stades en Italie, c’est l’expression que se sont donnée les supporters les plus passionnés. Il a rapidement dépassé les frontières, et aujourd’hui, est un mouvement international et populaire. Comme tout mouvement il a ses codes, ses références, c’est en un mot une véritable culture « underground ». Ce mouvement, peu connu du grand public, nourrit une multitude de fantasmes : tantôt l’expression d’une violence bestiale ou l’expression cachée du fascisme pour ses détracteurs. Tandis que pour l’ultra lambda, c’est surtout l’expression de la passion du foot, de sa ville, vécue collectivement. Car, pour comprendre la répression actuelle, il faut bien saisir la force de ce mouvement et ce qu’il a de subversif. Les ULTRAS fonctionnement en communauté ou bande et de plus sont territorialisés, deux choses que le capitalisme déteste.

En effet, le capitalisme a, pour fonctionner, besoin d’un humain sans attache et individualiste, prêt à se déplacer là où le capital a besoin de lui. Le consommateur seul d’un peuple atomisé est l’essence du système. Nous comprenons que, comme les jeunes des cités, les ultras sont à l’antithèse de cela.

Mais pour bien analyser la répression actuelle dans les stades, il faut l’inscrire dans le grand mouvement de pacification mené par la domination dans toutes les sphères de la société non soumise. La guerre menée contre les pauvres, les déviants, en un mot la plèbe, s’accentue de jour en jour. Les lois LOPPSI, sont l’expression physique de la politique anti-insurrectionnelle menée par l’état français dans le but de prévenir toute révolte. Les forces de la réaction sont aux abois, le système entier se délite et sombre face aux coups de boutoir de la crise générale du capitalisme.

Depuis des années, la machine répressive ne fait que s’accentuer dans le mouvement Ultra. Sous le faux prétexte de la violence, l’état tente de réduire de manière extrêmement brutale, une des dernières expressions populaires de masse. Rappelons que, quand il y a violence chez les ultras elle est consentie et régulée, à la différence de celle subie par l’état. Il est évident que de telles pratiques déviantes dans les rues, gênent la pacification des êtres et des territoires. « Que rien ne se passe » est l’axiome du capitalisme, aucun évènement ne doit venir entraver la machine marchande.

Les pratiques pour réduire le mouvement sont aussi intéressantes, elles sont un mélange peu subtil de répression aveugle, d’interdiction de territoire et de sélection par la richesse. Pour commencer l’état a frappé de sanctions plus ou moins lourdes, les récalcitrants à l’ordre nouveau. Ce sont les fameux IDS (Interdits De Stade) suivies de dissolutions des associations ULTRAs, et enfin, a augmenté de façon exponentielle le prix des places dans les Virages (lieu dans le stade où se rassemblent les ULTRAs). Par l’argent, on sélectionne, car l’ULTRA est issu souvent des classes populaires, par la répression on fait peur et enfin on interdit de se rassembler. Pratiques répressives vieilles comme la lutte des classes. Le Royaume uni a étendu la pratique de l’interdiction ciblée de territoire à tous et toutes. En effet, on peut, pour diverses raisons ne pas avoir le droit de rester devant tel ou tel lieu.

C’est pour tout cela, mais aussi parce que des camarades et amis sont encore en ce moment en GAV (garde à vue), que LIBERTAT soutient les ULTRAS interpellés et s’oppose à la répression menée contre ce mouvement. Nous pensons aussi, que le mouvement à tout intérêt à prendre conscience de ces enjeux. Le mouvement ULTRA n’est pas en dehors de la société, il ne sera même plus un lieu de vie, si rapidement, les ULTRAS, collectivement, ne prennent pas conscience que tout est politique. L’apolitisme, souvent mis en avant dans le mouvement ULTRA pour éviter des récupérations, n’a plus lieu d’être. Cette posture sera très vite intenable, tant le fascisme à le vent en poupe, et tant la crise du capitalisme va s’accentuer. Aujourd’hui la dissolution des associations ULTRAs et demain la dissolution des mouvements sociaux et politiques déviants…

 

 

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