Réflexion sur la stratégie politique

Publié: 11/05/2011 dans Libertat

L’orientation stratégique d’un mouvement est fondamentale elle marque dans le temps la tactique, les actions, le développement du mouvement. Sans plan d’action un mouvement sera bloqué dans une redondance, une autosuffisance destructrice ( autodestruction que nous voyons au niveau des organisations françaises). Cette stratégie implique un projet révolutionnaire en adéquation avec nos désirs et la réalité vécue par le peuple et en rupture totale avec le système dominant. Notre orientation politique actuelle marquera le mouvement sur une longue période, car nous sommes en pleine phase de construction du mouvement.

L’expérience du peuple Basque, Corse ou du Chiapas nous a appris que pour faire avancer un processus révolutionnaire et redonner la dignité à un peuple il faut mettre en place des contres pouvoirs à même d’exprimer la volonté populaire. La mise en place de ces contres pouvoirs portera la volonté du peuple en organisant concrètement la vie politique, sociale, économique de manière autonome. Ces contre-pouvoirs amèneront à développer une contre société préfigurant celle de l’avenir. Rendre la dignité et donner la parole à l’immense majorité exclue des systèmes de décisions représentatifs voilà l’enjeu d’une telle démarche. Armé de cela le peuple se politisera et sera à même de se défendre face aux multiples et incessantes attaques et de bâtir le projet d’émancipation dès aujourd’hui.

Bâtir nos contres pouvoirs et notre contre société


« Le colonialisme doit être combattu sur tous les terrains, la LLN (lutte de libération nationale) doit donc organiser le peuple en suscitant la mise en place de contre-pouvoirs. Ces structures lui permettront de prendre en main le contrôle et la gestion du pays dans chaque domaine en fonction de ses besoins et de ses intérêts. Ces structures sont la garanties d’une authentique autodétermination puisque « à tous les niveaux le peuple corse se sera donné les moyens de décider en toute liberté. Elles peuvent avoir plusieurs aspects (syndicat, association culturelle, organisation politique publique, coopératives, mutuelles…) mais ne sont des véritables contre pouvoir que dans la mesure où ils prennent en compte la globalité de la lutte et « tiennent compte de leur originalité,(elles sont toutes différentes de par leur créneau d’intervention qu’elles occupent) de leur complémentarité (elles participent ensemble à une lutte globale en se complétant) et de leur solidarité (elles sont indissociablement liées par une stratégie globale) ».

La contre société


Ce texte du mouvement Corse pose les bases de la formation de contre-pouvoirs et donc de la contre société à bâtir. En posant ces structures de réappropriation du Pays (économie, terre, culture, langue, histoire etc) nous batissons notre autodétermination dés maintenant. D’autres mouvements appliquent ce type de réappropriation mais sans un projet globale clair et immédiat. Nous autres le vivons dans un projet révolutionnaire. Ce qui nous différencie c’est bien entendu la question Occitane. Aujourd’hui la conscience d’être un peuple ne pourra revenir que part ce type d’autodétermination. Prendre en main notre avenir dans un projet d’abolition du capitalisme autour de l’idée d’Occitània. De nombreuses résistances existent en Occitània mais aucune n’a un projet global, ceux sont souvent des petits groupes qui mènent des expériences localisées sans un projet global réel, sans une stratégie pour changer radicalement le système dominant. Les expériences citoyennistes qui fleurissent aujourd’hui sont l’expression de ce vide révolutionnaire. Elles fourmillent dans un univers du présent comme seul avenir. Notre nécessité immédiate de sauver une culture et une langue nous donne ce plus de vie qui manque aux projets dit nationaux de l’extrême gauche française et permet de nous projeter dans un avenir positif.

Derrière notre vision d’Occitània c’est un projet concret qui se profile, mais c’est aussi le ferment nécessaire à une détermination sans faille , celle de ne pas accepter la mort annoncée de ce que nous sommes . Le projet révolutionnaire occitan c’est avant tout prendre dans sa globalité la réalité d’une terre. Prendre en compte l’histoire politique et économique , la culture , la langue pour ne pas reproduire le même système impérialiste imposé par la domination. Nous ne pensons pas qu’en tant que révolutionnaire nous ne pouvons passer à côté de ce fait là. C’est dans ce sens que nous rejoignons le grand mouvement d’autodétermination des peuples à travers le monde , du Chiapas au Pays Basque , de la Catalogne à la Bolivie .

Nous sommes certes dans l’immédiate nécessité mais nous savons paradoxalement que nous avons le temps, chose qui manque encore une fois aux révolutionnaires étatiques. Nous avons le temps car nous connaissons l’histoire et si l’Etat français n’a pas encore réussi à nous faire disparaître malgré la perte de notre indépendance politico- économique, malgré l’acharnement à éradiquer notre langue et notre culture c’est qu’en un sens nous avons déjà passé le plus difficile. Nous avons ce recul nécessaire pour rester calme et serein face au discours catastrophiste de fin du monde. Les élucubrations « de la dernière chance» autour du sommet de Copenhague est un autre exemple de l’absence totale de projet révolutionnaire. Ce type de discours dont raffole une frange bien pensante de la population ne sert qu’à affoler la population et donc à mieux la contrôler autour des dispositifs écologiques. Loin de nier la catastrophe écologique due au capitalisme nous affirmons simplement qu’il faut s’organiser dès maintenant pour en finir avec le capitalisme et non l’aménager ou mettre en place un capitalisme vert.

Les contres pouvoirs dans le système actuel


Bien entendu tout cela va commencer par de petites expériences locales liées par notre Projet Révolutionnaire d’Émancipation. Pour cela nous devons faire en sorte d’inclure les gens restés dans le système actuel qui sont l’immense majorité de la population. Donc pour amener les personnes à notre projet de contre-société il nous faudra mener le combat sur des terrains plus institutionnels tout en gardant l’idée même de contre-pouvoir. L’idée même du syndicat rentre dans cette logique. Le syndicat est l’occasion d’organiser les travailleurs dans le sens de la création d’une propriété collective sur la base de coopérative, de défendre les droits acquis par la lutte et d’en gagner d’autres. Bien entendu le syndicat ne devra pas être un instrument de cogestion avec le patronat ou l’Etat. De même que notre présence aux élections qui nous sont imposées marque notre volonté de ne laisser de côté aucune possibilité de faire avancer nos idées face aux dominants tout en montrant leurs propres contradictions.(par exemple un système démocratique ou le peuple n’a pas voix au chapitre).

Bâtir les contres pouvoirs aujourd’hui c’est refuser l’attente peu sure du grand soir, nous autres préférons les petits matins assurés d’une grande journée à une attente prolongée sceau de notre impuissance. Rejoindre notre mouvement et mettre en place notre contre société c’est en finir définitivement avec l’impuissance et surtout nous renforcer. Ces contres pouvoirs doivent prendre plusieurs formes, réseaux de lieu de vie (à l’exemple des herriko taberneak), assemblées populaires de quartiers, de villages, mutuelles d’entraide, coopératives de producteurs et de consommateurs, syndicats, associations culturelles ou de défense de secteurs des populations les plus vulnérables , festivals autogérés, clubs de sport, organisations politiques et organisations politiques de jeunes, etc… Notre stratégie révolutionnaire doit passer par ces deux axes, non seulement organiser les travailleurs et les personnes dans des organisations en rupture avec le système dominant mais aussi faire en sorte qu’un maximun de personnes puisse sortir de manière effective du système actuel. La contre société fusion de nos contres pouvoirs doit donc pouvoir intégrer tous types de personnes. Le salarié, l’ouvrier de l’usine, le paysan, le fonctionnaire, les gens en rupture totale avec ce système, etc…

Tous ces contres pouvoirs liés par le projet révolutionnaire émancipateur créeront la situation pour une apparition d’une base populaire révolutionnaire et indestructible. Le but de cette base populaire en dehors de son auto-protection sera de provoquer au bon moment le retournement de situation c’est à dire l’abolition du système capitaliste. L’expérience acquise par la mise en pratique des contre-pouvoirs sera notre meilleur garant d’une victoire face à la domination et à la réaction.

Bâtir nos contres pouvoirs c’est faire en sorte que les personnes qui nous rejoignent soient en mesure de sortir du système de domination économique privée ou publique , c’est aussi retrouver le sens du mot « décider » et celui de « vivre » au pays. C’est dés maintenant détruire l’idée même de travail , car quelqu’un qui produit dans le sens de la lutte sort du système travail . Adel Samara , penseur révolutionnaire Palestinien , a développé la théorie du « développement par la protection populaire », inspirée de la première « Intifadha », lorsque la population a pratiqué l’autosuffisance et boycotté les produits de l’occupant . Les Palestiniens ont développé à grande échelle des coopératives en se libérant du travail salarié qu’ils pratiquaient dans l’état d’Israël . Non seulement les Palestiniens en finissaient avec le travail et la domination capitalo-sionniste mais de plus les femme Palestinienne se lib éraient par la production collective dans les coopératives .

BASTIR L’AUTODETERMINACION DE TIRA!!!

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